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Offensive contre la violence conjugale auprès des femmes des minorités culturelles

"Les femmes venues d’ailleurs sont doublement victimes quand elles ignorent l’existence des services mis en place pour leur venir en aide".

Violencia, violans, violence... Plusieurs mots, une seule dure réalité : celle des femmes battues. Pour briser l’isolement des femmes de différentes communautés culturelles aux prises avec un problème de violence conjugale, une campagne de sensibilisation multilingue a été lancée hier à l’hôtel de ville de Montréal. Devant une salle bondée, des représentantes de différentes communautés ont dévoilé des affiches en sept langues (arabe, espagnol, grec, italien, portugais, russe et yiddish) conçues dans le cadre de cette toute première campagne visant les femmes des minorités culturelles. Sur chacune des affiches, la même fleur blanche sur fond violet et le même slogan, soit celui de la campagne nationale - « La violence, c’est pas toujours frappant, mais ça fait toujours mal ».

Un message différent, adapté à chaque réalité culturelle, a aussi été ajouté afin de mieux rejoindre les femmes de toutes les origines. Par exemple, quelques affiches utilisent des extraits de la Bible ou de la Torah, où il est question de respect entre époux. La communauté haïtienne a pour sa part choisi de diffuser son message à l’aide de cassettes en créole. A cause des multiples barrières linguistiques et culturelles, les femmes des minorités culturelles représentent une «clientèle vulnérable», a souligné Melpa Kamateros, directrice du Bouclier d’Athéna, un centre qui vient en aide aux familles d’origine grecque. « Mais la violence ne peut pas être étiquetée francophone, anglophone ou allophone », a ajouté Mme Kamateros, qui est représentante des communautés ethnoculturelles à la Table de concertation en matière de violence conjugale de la CUM.

La violence frappe autant la société d’accueil que les minorités culturelles, a-t-elle insisté. Toutefois, les femmes venues d’ailleurs sont doublement victimes quand elles ignorent l’existence des services mis en place pour leur venir en aide. Sept organismes d’aide désirant combler cette lacune, sept organismes (l’Auberge Shalom... pour femmes, le Bouclier d’Athéna, le Centre d’accueil et de référence pour immigrants Saint-Laurent, le Centre d’aide à la famille, le Centre des femmes de Montréal, le Centre des femmes italiennes de Montréal et Transit 24) se sont associés à la Table de concertation en matière de violence conjugale de la CUM pour monter ce projet-pilote. Le projet de 24000 $ a été financé par la Direction de la Santé publique.

La campagne de sensibilisation est le fruit d’un effort collectif «impressionnant», a observé Kathleen Weil, présidente du conseil d’administration de la régie régionale de Montréal-Centre. Dans une ville comme Montréal, où 28 % de la population a une langue maternelle autre que le français ou l’anglais, un tel projet revêt une importance particulière, a-t-elle ajouté. Également présente au lancement de la campagne, la ministre des Affaires municipales et de la Métropole, Louise Harel, s’est dite extrêmement touchée par cette initiative. En tant que ministre responsable de l’Habitation, elle a manifesté son intention de trouver des «solutions législatives » pour faciliter la vie aux femmes victimes de violence conjugale qui ne sont pas en mesure de respecter leur bail, dans les cas où elles doivent quitter leur logement de toute urgence.

(Article tiré du Journal La Presse,
18 février 2000, p.A12)

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